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Profils, parcours, modus-operandi. De nombreuses similarités existent entre les récents attentats de Boston et les tueries de Toulouse et Montauban perpétrées par Mohammed Merah.

Le 15 avril dernier, deux bombes ont explosées à Boston, en marge du célèbre marathon, tuant trois personnes et en blessant 183 autres. S’en est suivie une chasse à l’homme de plusieurs dizaines d’heures, conduisant à la mort de l’un des suspects et à l’arrestation du second. Des faits qui ne sont pas sans rappeler l’affaire Merah, survenue un an plus tôt, de l’autre côté de l’Atlantique. Mohammed Merah avait assassiné plusieurs militaires avant de s’en prendre de sang-froid à une école juive toulousaine en mars 2012. Il avait été abattu par le RAID après 32 heures de siège. «Il y a beaucoup d’éléments qui se recoupent», affirme le sociologue Denis Muzet.

«Les éléments qu’on a découvert avec  Merah se retrouvent dans les attentats de Boston», confirme Mathieu Guidere, spécialiste du terrorisme et professeur à l’université de Toulouse. A commencer par le profil des terroristes. «Ils résidaient tous dans le pays où se sont déroulées les attaques. Un pays dans lequel ils ont été éduqué à l’occidentale», précise-t-il, soulignant que «ces trois individus avaient des origines musulmanes qu’ils redécouvraient».

Radicalisation 2.0

Au-delà du profil de ces jeunes entre 20 et 30 ans, le parcours aussi présente des ressemblances. «Ils ont commencé par s’intégrer avant de se radicaliser» décrit Mathieu Guidere. Cette radicalisation s’est faite au travers d’Internet, par la consultation de sites islamistes radicaux et par la publication de messages prônant le djihad, avant de partir à la rencontre des organisations terroristes.

C’est d’ailleurs à partir de là qu’ils diffèrent de ces «terroristes traditionnels» auxquels ils ont rendus visites. «Habituellement, les organisations terroristes commanditent des attentats. Ici, les auteurs de futurs attaques sont venus les voir pour leur demander de valider leurs projets», explique le spécialiste du terrorisme. Une manière de légitimer leurs actes.

Autre différence avec les organisations terroristes internationales classiques mais point commun entre Boston et Toulouse : la cible. «Dans les deux cas, elle est locale». Ici, l’objectif n’est pas de viser un symbole mais bien de «faire un maximum de dégâts» en prenant le «minimum de risques». Pour Mathieu Guidere, il s’agit d’un «terrorisme de proximité». «Merah connaissait Toulouse, tout comme Djokhar et Tamerlan Tsarnaev connaissaient Boston».

«Les services de renseignement ne sont pas préparés»

Dernier point commun, et pas des moindre : les services de renseignement savaient. Pour Boston, la CIA était au courant. Même chose pour la DCRI française. Le spécialiste du terrorisme rappelle que «dans les deux cas, les individus étaient surveillés» mais que «les services de renseignement ne se sont rendus compte de rien». Ce qui ne serait «pas étonnant».

En cause ? Ils ne correspondaient pas aux grilles de détection mises en place. Ces attaques dont les profils, les modus-operandi et les parcours des auteurs pourraient donc se reproduire si «les services de renseignement n’intègrent pas ce nouveau type terrorisme».

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