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Un sérial-violeur sévirait dans le 8e arrondissement. Une information inquiétante pour les étudiantes lyonnaises qui restent sur leurs gardes.

Depuis quelques semaines la rumeur enflait. Messages postés sur les réseaux sociaux, SMS envoyés aux proches et même des alertes sur les fameuses pages Spotted lyonnaises. Des étudiantes refusaient de sortir. Des parents téléphonaient au commissariat. De nombreuses versions circulaient, que personne ne certifiait. Mais c’est un mail adressé aux étudiants des universités Claude Bernard et Jean Moulin, par leurs présidents respectifs, qui met le feu aux poudres. Sans donner plus d’indications, ils conseillaient spécifiquement aux jeunes filles de ne sortir qu’accompagnées. La rumeur se précise : un violeur en série sévirait dans le 8e arrondissement. Elle est confirmée dans la foulée par le parquet de Lyon. « Une enquête judiciaire est ouverte. Elle porte sur cinq faits d’agressions sexuelles et de viols » reconnaît le procureur de la République, Marc Cimamonti que nous avons joint par téléphone. Le suspect agirait entre 23 heures et minuit, une arme blanche à la main. « Ces faits sont susceptibles d’être imputés à un même individu, mais rien ne nous permet encore de l’affirmer » ajoute-t-il.

Inquiétude virale

L’officialisation des « on-dit » ne fait qu’accentuer les inquiétudes, déjà bien présentes, des étudiantes. Certaines se laissent aller à la psychose. Justine, étudiante en Master de communication, change ses habitudes et avoue ne plus traîner pour rentrer. « Je prends directement le métro pour retourner chez moi .» Pour Laura c’est encore pire. « J’ai peur. Samedi soir, je suis sortie avec une paire de ciseaux dans mon sac, juste au cas où. » Mais les étudiantes ne sont pas les seules à s’inquiéter. Pierre, 24 ans, vit dans le quartier, et se préoccupe de la sécurité de sa petite-amie. « Je la raccompagne tous les soirs ou je m’assure qu’elle prend le taxi. L’essentiel, c’est qu’elle ne rentre pas seule. »  Mais il relativise : « J’ai toujours été prudent lorsqu’il s’agissait de la laisser rentrer le soir. » Charlotte, qui étudie le droit à Lyon III confirme : « Je ne suis pas rassurée, mais ça a toujours existé et ça existera toujours. » Une affirmation corroborée par Michelle Vianès, présidente de l’association féministe Regards de femmes :
« On pense trop souvent que ça n’arrive que dans les pays à la culture machiste, comme  en Amérique-centrale. La France recense quand même 75 000 femmes violées chaque année. » Un sujet sensible qui aurait été mal annoncé aux étudiants, selon elle. Car le mail à l’origine de la psychose et du déchaînement médiatique lui semble sexiste.    « C’est inadmissible qu’en 2013, on rejette la responsabilité sur les femmes en les incitant à ne pas sortir »  déplore Michelle Vianès.

Relever la tête

Si le risque existe, certaines stratégies permettent de l’atténuer. « Il faut bien observer son  environnement, c’est primordial, explique Bernard Dupont, membre de l’association Self défense Lyon. L’objectif, c’est d’anticiper. » Autre point clé, l’attitude. « Une étude démontre que les agresseurs choisissent leurs victimes en fonction de leur démarche. Nous conseillons aux femmes de marcher la tête haute, ne pas avoir le regard fuyant et ne pas traîner des pieds ».
Alors que la police enquête, la prudence reste de mise.

Co-écrit avec Priscyllia Canabate

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