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A cause de la crise, de nombreux Portugais s’expatrient en France dans l’espoir de trouver du travail. À Lyon, le quartier du consulat vit aux couleurs du Portugal. Un signe de bienvenue pour les derniers arrivants mais aussi un emplacement de choix pour faire prospérer son activité économique.

Fuir une crise pour une autreDix-sept septembre 2012. Une date que Cristina, le teint pâle et les cheveux en bataille, n’oubliera jamais : celle à laquelle elle décide de laisser derrière elle sa vie au Portugal pour venir s’installer en France. Le chômage et les dettes ont eu raison de sa volonté. Malgré l’amour qu’elle porte à son pays, elle n’avait pas d’autre choix.

« Je suis venue chercher une vie meilleure » explique-t-elle dans un français timide mais parfaitement clair. Près de trois mois après son départ, la jeune femme de 35 ans vit à Lyon et travaille dans un magasin d’alimentation générale : Au soleil du Portugal. De quoi se tenir à proximité de ses racines et oublier la grisaille qui rythmait son quotidien. Derrière son comptoir, elle vend du Porto, de la morue-salée et un ersatz de bière du nom de “Super Bock“ entre autres spécialités.

 Un quartier Portugais

La boutique qui l’emploie se situe à quelques mètres à peine du consulat portugais. Nombreux sont les expatriés, qui, comme Cristina, fuient le Portugal pour refaire leurs vies France. À leur arrivée, ils se rendent au consulat pour régulariser leur situation. Et les portugais issus de vagues d’immigrations plus anciennes, l’ont bien compris. Un assureur, un agent immobilier, un autre épicier et un banquier se partagent la rue qui fait face au consulat où les couleurs rouge et vert dominent.

Diogo, le gérant de l’épicerie, l’admets sans gêne : « Être ici fait venir du monde. » Même son de cloche du côté de Cristovao, associé de l’agence immobilière qui fait l’angle : « Mes compatriotes arrivent du Portugal et se rendent directement au consulat. Ensuite, s’ils veulent trouver un logement, ils n’ont qu’à traverser la rue. » Le choix est stratégique. « Les portugais qui arrivent ici ne parlent pas forcément le Français, alors ils sont content de pouvoir converser dans leur langue, ils sont moins dépaysés », reconnaît Rodrigue, l’assureur, dont le chiffre d’affaires est remonté en flèche depuis la crise en 2009 et l’arrivée de nombreux compatriotes à la recherche d’une meilleure situation.

 Une autre galère

Le phénomène c’était estompé après les premières vagues de migrants dont les enfants, nés en France, ne revendiquaient plus de liens avec leur pays d’origine. Maria, comme beaucoup d’autres, relance cette forme d’économie communautaire. Mais en jetant un œil aux annonces affichées en vitrine, Cristovao tempère : « Malheureusement, tous ces gens quittent une crise pour en retrouver une nouvelle, même si elle n’est pas aussi grave que là-bas. Ils n’ont pas forcément les moyens d’acheter, voire simplement de louer, un appartement en ville. Alors pour eux, c’est une nouvelle galère qui commence. » Lyon et sa région compteraient autour de 250.000 personnes originaires du Portugal, un chiffre qui aurait considérablement augmenté au cours de ces dernières années.

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