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Depuis la publication de la liste des dix candidats à l’élection présidentielle de 2012 par le conseil constitutionnel le 19 mars dernier, les médias doivent assurer à chacun d’entre eux le même temps de parole. Une obligation démocratique qui pose de véritables problèmes tant sur la forme que sur le fond.

Les règles sont claires. Pendant la campagne présidentielle officielle, chacun des dix candidats à l’élection dispose du même temps de parole dans les médias audiovisuels. Les 500 parrainages qu’ils ont obtenu auprès des maires de France, leurs ôtent toutes distinctions d’importance. Et pour qu’il n’y ait pas d’erreurs, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) veille au grain. Chaque jour, ce sont près de 20 personnes, aidées du logiciel approprié, qui vérifient seconde par seconde, les chiffres communiqués par l’ensemble des chaines de télévision et des stations de radio. En tout, rien que pour la période du 20 au 30 mars, cela représente plus de 111 heures. Et si l’accent est mis sur les magazines et les journaux télévisés, le CSA n’hésite pas à vérifier l’ensemble de la programmation.

Mais pour beaucoup, la solution qui prédominaient avant la publication de la liste officielle des candidats servaient mieux l’intérêt du débat politique. Solution qui consistait à attribuer un temps de parole au candidat proportionnel aux résultats qui étaient les siens dans les sondages. Mais depuis le 19 mars, les sondages ne sont plus pris en compte dans le calcul du temps de parole. Un constat qui dérange de nombreux acteurs de la vie médiatique. Michel Boyon, président du CSA, lui-même, argue du fait que la loi sur l’égalité du temps de parole « appauvrit le débat politique ». En effet, si les 500 signatures obtenues atteste du bien fondé de la présence du candidat, les idées avancées par certains d’entre eux n’ont pas la même portée politique. Mais devant le mutisme du Conseil Constitutionnel sur la question, et l’impossibilité de modifier la loi durant la période électorale, une solution provisoire et tolérée par le CSA, avait été trouvée afin de remédier au problème de qualité du débat politique, tout en conservant l’égalité entre les candidats, seule obligation pour les médias. Les chaines, notamment celles d’information continue, partageaient une large partie de leur antenne et de leurs programmes entre le jour et la nuit. Ainsi, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon apparaissaient à l’antenne en direct. Eva Joly, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou, et Nathalie Arthaud quant à eux, se voyaient diffuser la nuit, parfois plusieurs fois de suite. Mais depuis le 9 avril dernier, cette solution n’est plus envisageable, ni acceptable. En sus d’imposer des temps de paroles égaux entre les candidats, le CSA veille désormais à ce que les chaines leurs donnent une programmation comparable, arguant du fait que l’audience d’un 20 heures n’est pas la même que celle d’une chaine d’information continue aux alentours de 4 heures du matin. Ainsi, chacun des 10 candidats doit se voir attribuer une place identique dans la grille de programme. « On ne pourra plus rattraper la nuit les déficits qu’on avait le jour », note Laurent Drezner, directeur de la rédaction de LCI

Alors, jusqu’au 22 avril, où entre les deux tours il sera bien plus aisé de partager le temps de parole en deux parts identiques, les médias n’ont pas fini de calculer, pour respecter une loi qui a l’important objectif de maintenir en vie la démocratie.

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