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Effet décuplé par l’élection présidentielle, les médias français sont aujourd’hui d’autant plus sujets à de fréquentes attaques de la part des personnalités politiques. Stratégie ou réponses aux coups durs, ces hommes et femmes les ont choisi comme cible privilégiée. Des façons de faire qui connaissent certaines limites. 

Si François Hollande, à l’occasion de son discours du Bourget le 22 janvier dernier, a fait de la finance son ennemi, Jean-Luc Mélenchon a décidé de s’attaquer clairement aux médias. Pour Guénaëlle Gault, directrice du département stratégies d’opinion chez TNS-Sofres, il « respecte en cela un des fondamentaux de la communication : la forme incarne le fond ». Pour coller avec son image de candidat anti-système, il se devait de prendre ses distances avec le monde médiatique, souvent considéré comme faisant partie de ce système qu’il dénonce ; voire comme étant à son origine. Mais si le candidat du Front de Gauche, ou son alter-égo de droite, Marine Le Pen, jouent en cela leur stratégie de communication, d’autres semblent tentés de s’en prendre aux médias dans le seul but de se dédouaner de leurs erreurs, une petite phrase de trop ou une idée « à l’évidence mal retranscrite », ou pour se créditer d’une image proche du peuple français.

Lors de son passage au Grand Journal de Canal+ la semaine dernière, Nicolas Dupont-Aignan a attaqué avec violence Michel Denisot et ses chroniqueurs, sur « l’extravagance » de leurs salaires. Une agression considérée comme « gratuite » et « populiste » par un Jean-Michel Apathie affirmant « mériter [son] salaire », sous l’oeil médusé du présentateur favori de la chaine cryptée, qui a tout de même refusé de donner un chiffre. Il apparaît alors que les acteurs médiatiques eux-mêmes se sentent obligés de se justifier, voire de se dissimuler dans l’ombre de la petite lucarne. Preuve du malaise qu’il peut exister entre certains d’entre eux et « la France qui vit et qui souffre », comme l’a décrite, sur le même ton, le candidat de Debout la République.

Mais en fin de compte, ces attaques restent limitées. S’attaquer avec trop de véhémence au monde médiatique correspond de toute évidence à un suicide politique ; un candidat trop dérangeant ayant peu de chance d’être mis en avant par ses nouveaux ennemis. Pour l’heure, seule la règle de l’égalité du temps de parole imposée par le CSA préserve les candidats d’une mise à l’écart, et leur laisse grandes ouvertes les portes des petites attaques verbales. La fin de la présidentielle devrait donc calmer les ardeurs de certains, sauf à jouer la carte du coup médiatique, en général repris à grand tours de rediffusions moqueuses et/ou consternées. L’essentiel étant de faire parler de soi. Et dans la mesure où le travail des uns va de paire avec celui des autres, si les médias sont pris pour cible, l’entente entre eux et les candidats finit toujours par refaire surface. Ce qui relance l’éternel débat sur la connivence entre journalistes et politiques.

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