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Addictif, nocif ; dangereux pour la santé, surement. Mais pour l’économie, pas du tout. Le cannabis pourrait au contraire avoir des vertus médicales curatives pour un pays.

 

crédits photos: Torben H. / http://www.flickr.com/photos/torbenh/

Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement, qui est aussi la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts se déclare favorable à la dépénalisation du cannabis. La scène se déroule sur RMC et BFM TV le 5 juin dernier. Immédiatement, le premier ministre Jean-Marc Ayrault met fin au débat qui anime le monde médiatico-politique et précise que cette mesure « n’est pas à l’ordre du jour ». Pourtant, le contexte de crise dans lequel la France est plongée devrait pousser nos dirigeants à réfléchir à deux fois avant de se prononcer de manière définitive.

Dépénaliser le cannabis, c’est tout simplement légaliser sa vente, sous certains conditions. Dans cette hypothèse, l’Etat pourrait alors récupérer une taxe, comme c’est déjà le cas pour l’alcool ou la cigarette. La vente de tabac lui rapporte chaque année près de 10 milliards d’euros ; un chiffre en constante augmentation en raison des hausses successives du prix des paquets et celle paradoxale du nombre de fumeurs. La vente de cannabis permettrait elle aussi de renflouer une partie – infime – du déficit public. En 2005, elle aurait rapporté plus de 830 millions d’euros ; perdus au profit des trafiquants. Mais attention, contacté par téléphone, l’économiste François Meunier précise : « la taxe ne doit pas dépasser un certain niveau au-delà duquel réapparaîtrait un marché illicite » comme c’est le cas avec la cigarette.

En parallèle, la dépénalisation enrayerait un autre marché illicite. « Aujourd’hui, cela fait vivre les économies de banlieue. Les jeunes deviennent buralistes en marijuana », rappelle François Meunier. Chaque année, les buralistes « officiels » sont plus de 500 à mettre la clé sous la porte. La raison : les effets liés de mesures fiscales sévères et de la contrebande. Réglementer la vente de cannabis étendrait le champ de leurs transactions, augmentant ainsi leur chiffre d’affaires, et leur permettrait de lutter contre une concurrence déloyale.

Derniers lauréats de la dépénalisation : les pays producteurs. « Ils appellent de toutes leurs forces à la libéralisation ». Souvent peu ou non développés, ils cherchent à booster exportations et croissance. Bien entendu, comme c’est le cas aux Pays-Bas depuis les années 70, « il faut une réglementation féroce. Il s’agit de biens de consommation dangereux, qu’il faut contrôler de manière drastique. »

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